Ceci n’est pas un dé à coudre (cartes postales de Cancerland 76)

Posted on 3 décembre 2013

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lgjmp72

Le monde est triste comme un dé à coudre. Je ne sais pas pourquoi j’ai noté cette phrase, parce que ce n’est pas si triste que ça, un dé à coudre. Bon parfois, on peut écrire des inepties, n’en déplaise à la littérature. D’ailleurs, vous pouvez toujours vous amuser à tenter de vider un fleuve avec un dé à coudre. Tiens on devrait proposer ça comme solution de réadaptation aux chômeurs de longue durée, ou aux prostituées qui vont se retrouver encore plus précaires à cause de la pudibonderie de nos social-n’y-voyez-pas-malice.

Tu veux dire de leur curotinerie. Qu’elle dit ma chatte.

Pourquoi pas, Nounours 1er est bien chamoine de Latran. Euheuh pardon, chanoine.

Heureusement que t’as pas dit chat-noir.

Oui, mais j’aurais pu, même si je n’ai rien contre les chats noirs, ni les chattes noires d’ailleurs

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Ceci n’est pas un dé à coudre, c’est le Panthéon.

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« Aujourd’hui je suis repassée pour la quatrième fois depuis juillet sur le billard… Mais avec trois anesthésies générales en trois mois, la chirurgienne m’a demandé de supporter une anesthésie locale cette fois ci. Ok pas de soucis et je lui fait confiance (remarquez, bien obligée!). 

Pour commencer on me met l’uniforme bleu qui sied au bloc opératoire : pantalon, tunique, charlotte, et protèges pieds. Et on me fait attendre mon tour dans une petite salle d’attente où deux dames m’ont précédées. Une est appelée tout de suite, la seconde environ une 1/2 heure après et je me retrouve seule à méditer sur la vie…

Mais il s’en passe des choses dans les espaces d’un bloc opératoire ! Il y a les infirmières qui vont et viennent, mais je ne vois que leurs yeux à cause du masque, il y a les brancardiers qui d’un bloc à l’autre véhiculent des malades au yeux ouverts à l’aller, et tuyautés et les yeux fermés au retour ; une jeune femme très jolie, une autre toute chauve, une troisième qui a gardé ses lunettes… Et puis un papa qui fait l’aller retour dans le couloir avec dans ses bras un bébé d’un an environ inconsolable et qui finit par s’endormir sa joue contre la joue de son père. Et la maman qui marche derrière eux en caressant la tête du petit. Et la petite marrante transformée en fontaine bien sur !

Bon c’est mon tour, même pas peur (remarquez, bien obligée encore)…

Je ressors une heure après sur mes deux pattes (un peu flageolantes tout de même) avec sept nouveaux points de suture tout neufs et un gros pansement qui évidemment se décolle des que je me réhabille! 

Je me suis donc précipitée chez mes copines infirmières me faire dorloter et refaire un pansement sur mesure comme je les aime maintenu avec soutien gorge en culotte (cf carte postale numéro 4)… retrouvailles émues après une longue semaine sans les voir !!! « 

Et pour garder la patate…

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Parce qu’il le faut…

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Dis Tonton, on la fait quand cette vraivolution dans le dé à coudre.

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