Nos chers académiciens…

Posted on 11 janvier 2014

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Alors que les académiciens viennent récemment d’élire un de leurs nouveaux édiles, Dany Laferrière, nègre de surcroit, et second nègre seulement de cette illustre lignée d’écrivailleurs, certains faits qui m’ont toujours interrogé m’interrogent plus encore.

Tiens, prenons l’exemple de Paul Morand, écrivain de bazar sans aucun style ni talent, mais élu académicien en 1968, alors qu’il fut ambassadeur de l’Etat Français en Roumanie de 1942 à 1944. Alain Peyrefitte disait de lui, citant de Gaulle « quand les troupes russes se sont approchées (de Bucarest), il a chargé un train entier de tableaux et d’objets d’art et l’a envoyé en Suisse. Il s’est fait ensuite nommer (ambassadeur) à Berne, pour s’occuper du déchargement. » (C’était de Gaulle, fayard 1994).

Et tiens, à propos de la Roumanie à l’époque, selon la commission Wiesel (mise en place en 2003 par le gouvernement roumain pour établir la réalité sur l’extermination et la persécution des Juifs pendant la guerre) : « De tous les alliés de l’Allemagne nazie, la Roumanie avait la plus forte communauté juive et porte donc la responsabilité de la mort de plus de juifs que n’importe quel pays autre que l’Allemagne elle-même… Iasi, Odessa, Bogdanovka, Domanovka et Petchora par exemple comptent parmi les massacres les plus hideux commis contre les juifs au cours de la Shoah. La Roumanie a commis un génocide contre les Juifs. Le fait que des juifs aient survécu (53%) dans certaines parties de la Roumanie ne doit pas masquer cette réalité. » Il y aurait eu 250000 victimes juives, sans compter les déplacés, ni les Roms. Mais monsieur Morand devait être trop occupé pour le savoir.

Fait étrange, Morand était élu académicien l’année de la mort de son ami Jacques Chardonne qui écrivait notamment « Pétain est le seul grand homme. Je le trouve sublime. Il est toute la France. Je vomis les juifs… ».

On publie actuellement la correspondance de ces deux personnages, elle est édifiante, on peut y lire sous la plume de Chardonne que L’Observateur (en décembre 1957) était un « nid de juiverie bolchévisante ! » Mais qu’il y reçut un « accueil chaleureux ». Ou en novembre 1959 sous celle de Morand, « Il faut être rudement fort pour attaquer un juif ; qui attaque un seul juif, les attaque tous. Et la France suit, idiote. Ce sera toujours le « Journal d’Âne-France ». Chacun aura compris l’originalité du jeu de mots…

Je vous laisse à la gerbe si vous lisez la suite, La Gerbe à laquelle d’ailleurs collaborait Chardonne (de même que Cocteau, qui ne fut pas académicien).

epee-rufinMais parmi les autres illustres académiciens (dont Chardonne ne fut pas, il me semble), on trouve Michel Déon, auteur de navets incontournables (je raye, le personnage étant encore vivant), élu en 1978, alors que sous Vichy, il était secrétaire de rédaction de l’action Française de Charles Maurras. Maurras qui, s’il fut exclu de l’académie en 1945 suite à sa condamnation à la réclusion à perpétuité pour intelligence avec l’ennemi, ne sera remplacé à cette louable académie qu’après sa mort en 1952. On se demande pourquoi…

Vous voulez d’autre noms ? Tiens Félicien Marceau, autre académicien français, d’origine belge qui dut s’exiler de Belgique à la libération parce qu’indésirable dans le plat pays, accusé et jugé de collaboration. Mais qui fut élu académicien français en 1975 après s’être fait naturalisé (pas académicien) mais français. Et je suis désolé du mauvais jeu de mots, mais si même les belges n’en voulaient pas…

Je vous en cite d’autres, ou c’est la gerbe ? Alors merci Mesdames (il y en a peu), Messieurs les académiciens d’avoir élu un nègre en votre illustre assemblée. Mais de faire un petit mea culpa un jour ne vous ferait pas trop de mal ?

Il parait que selon Jacques Chastenet de Chastaing, illustre diplomate, historien et académicien de 1956 à 1978, les critères pour être élu à l’Académie française seraient d’avoir du talent, de la notoriété et être de bonne compagnie. Tous mes voeux donc à Dany Laferrière pour qu’il soit en bonne compagnie.

Tiens, ce cher Jacques Chastenet, fut me semble-t-il l’un des directeurs du journal Le Temps jusqu’au sabordage du journal en novembre 1942. Le Temps, où l’on pouvait lire le 22 aout 1940, sous le titre « Une loi de protection » à propos du premier numerus clausus limitant le nombre de juifs en médecine, « Le gouvernement (de Vichy) continue donc son oeuvre de restauration nationale et, si l’on peut s’exprimer ainsi, de réintégration des français véritables dans les postes que trop d’étrangers occupaient. » On notera « étrangers » et non « juifs ». Et plus loin, « il était indispensable de ne pas laisser plus longtemps une foule d’étrangers (encore) qui, pour des raisons diverses, ne pouvaient dans leur patrie exercer leur profession, venir prendre la place que devait revenir en premier lieu à notre jeunesse studieuse. »

Bon, passons à un autre sujet afin d’éviter l’enflure du point G, « la garantie de disposer sur le long terme d’une ligne de produits qui répondront aux exigences de l’export ». A votre avis, c’est un slogan publicitaire pour L’Oréal ou pour Leclerc – dont les patrons se sont eux aussi illustrés pendant l’occupation, très occupés qu’ils furent par leurs affaires ?

Et bien non, c’est juste une pub lancée par notre ministre des bidasses pour dire que l’Etat (c’est nous) va balancer un milliard d’euros pour moderniser un avion de combat invendable.

Et tu crois qu’on va faire la vraivolution avec de tels social-machins. Qu’elle demande ma chatte au neveu.

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