Et pourtant…

Posted on 17 février 2014

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lgjmp72

Dimanche, ou plutôt lundi, minuit quarante cinq.

Dans la rue, quelqu’un se défoule – de quoi, je ne sais pas – il tape sur un truc, et tape et retape ; boîte de coca, de bière, une canette sans doute. Mais comme ça ne le défoule de rien, il cesse de cogner et continue son chemin – seul, vers une chambre où il se retrouvera seul. Mais j’imagine, et peut-être qu’il ne se retrouvera pas seul, ou que… Je n’en sais rien, d’ailleurs ça ne me regarde pas ; et puis laissons-le avec ses méandres… Il vaut mieux se dire ça, passé une certaine heure, autrement nos méandres déborderaient aussi, et nous nous retrouverions dans la rue, à taper sur une canette de je ne sais quoi, pour dire ou ne pas dire je ne sais quoi.

Samedi, ou plutôt dimanche, vers minuit, c’était la pleine lune.

Mais cette nuit à minuit cinquante huit, je ne vois pas la lune. Peut-être est-ce simplement une nuit sans lune. A vrai dire, je ne connais pas grand chose aux cycles de la lune, et comme la plupart des gens, je ne m’en porte pas plus mal.

Tiens, j’ai lu hier qu’un tiers des américains ne savaient pas que la terre tournait autour du soleil ! 

Et alors ! Tu le savais toi ? Qu’elle demande ma chatte.

Euheuh ! Je crois… Et le mec qui tapait sur sa canette de je ne sais quoi le savait-il lui aussi ? Ou peut-être qu’il se demandait pourquoi la veille c’était pleine lune, et que cette nuit on ne voit pas la lune. Ou tout simplement ne se disait-il rien ! Il y a des nuits comme ça !

Une heure vingt, nous sommes vraiment lundi cette fois, et il va falloir se réveiller, ou s’endormir. Quelques fenêtres sont encore éclairées ce lundi nuit, elles s’éteindront peu à peu. Les oiseaux dorment, planqués je ne sais où. La ville est presque somnolente ; mais un vague bruit de moteur, un peu comme celui d’une pompe, est là, constant, qui perturbe mon absence. Puis la sirène d’une ambulance qui tisse le fil de la vie, ou de la mort, comme elle peut elle aussi. Ca fait un peu comme le bruit d’une canette que l’on cogne, sans savoir pourquoi, juste plus aigu…

Essaouira

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