Ne dites jamais… 4

Posted on 3 février 2016

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lgjmp72

Lors de vos insomnies, pour varier avec le stricto sensu comptage des moutons, vous pouvez  comparer les mérites du tissage de l’araignée à poils verts avec ceux de la licorne barbue, vous pouvez aussi vous demander si Zorro arrivera avant les pompiers si vous forcez la dose de xanax  – mais là, il vous faut être un sacré rêveur – ou que sais-je encore, comme le disait ma petite collection préférée de bouquins lorsque j’étais gosse. 

C’était d’ailleurs bien pratique ces Que sais-je, en une centaine de pages, cela vous expliquait comment repeupler la terre de papillons jaunes à points bleus, ce qui est tout simple en fait ; il vous suffit d’aller cueillir dans les baobabs où ils nichent – mais attention, pas dans n’importe quel baobab, juste ceux qui fleurissent en hiver – une quantité suffisante de papillons à points bleus sur fond blanc si possible ; de leur faire passer clandestinement la douane américaine où ils sont interdits d’importation, puis de les acclimater et de les accoupler avec des papillons jaunes à points blancs ; dès la seconde génération, vous verrez les points blancs bleuir et à la troisième ou quatrième, vos bestioles seront prêtes à conquérir la terre, en prenant bien soin d’anéantir tous les indiens et autres mécréants inutiles.

72jmpjouets_0360Si vous êtes un insomniaque quelque peu fripé de l’entre-jambes, vous pouvez aussi tenter de compter combien de vierges vous attendront au ciel proportionnellement au nombre de mécréants que vous aurez massacré à coups de kalachnikov ou de couteau d’égorgeur et lequel de ces deux outils de massacre est le plus propice à faire apparaître le plus grand nombre de vierges – et uniquement de vraies vierges, les autres ne comptant que pour du bas beurre.

Personnellement, je préfère imaginer le nombre de fleurs qu’auront donné au matin les petits cailloux que j’ai planté dans mon jardin, et s’il y aura plus de fleurs oranges que de violettes. Planter des cailloux étant nettement plus sain pour le jardin que de le barbouiller de sang ; mais à chacun ses préférences.

Ceci-dit, au risque de décevoir certains kamikazes avides d’hémoglobine, s’ils sont restés puceaux afin de pouvoir se taper les vierges qui les attendent au paradis, puceaux ils resteront. Pour en revenir – ou de quelque soit le nom que tu donnes au non-machin qui t’arrive quand tu es mort – je puis affirmer qu’il n’y a que peau de balle là-bas. Rien, noir, néant, je l’ai déjà dit, et pas la moindre cuisse de nymphe. Inutile aussi d’imaginer la fesse d’un éphèbe si tu es kamikaze et pédé, il n’y a pas plus d’éphèbe se voilant zézette de son bouclier que de vierge jouant les effarouchées en soulevant le bouclier du zouave.

Et si comme les religieux et les philosophes – qui sont souvent les mêmes – tu assimiles dieu et vie après la mort – ou appelle ça comme tu veux – ton dieu n’est qu’un néant vide, pas même une coquille : à moins qu’il ne soit à l’image du balai qui servira à laver le sol du sang du kamikaze et de ses victimes, et que l’on remise au fond d’un placard en attendant qu’un autre kamikaze vienne à nouveau barbouiller le sol de rouge.

Cela me fait d’ailleurs penser que plutôt que de faire miroiter des histoires de vierges et autres sornettes aux assassins pour qu’ils massacrent l’âme réjouie de convoitise ; on devrait plutôt leur dire qu’étant donné qu’il n’ y a rien là-bas, ou là-haut, ou même où tu veux, ni vierge à te faire saliver d’avance, ni dieu, ni maître pour te botter le cul ensuite et te faire comprendre qui est le chef, ils peuvent faire couler tout le sang qu’ils veulent, bien qu’ils dégueulassent la moquette, ils ne risquent rien de rien.

Mais je l’ai déjà dit, je préfère planter des cailloux sait-on jamais, il en poussera peut-être une rose avec des épines, ou un coquelicot avec des dents. C’est une bien meilleure méthode pour caresser mes insomnies à rebrousse poil en attendant que le ciel se dévoile.

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